Sélection culture : In the mood for love ?

Par Zoé Par Zoé / https://unsplash.com/photos/oFU7aGtKwLQ

Her, Spike Jonze, 2013

Au fond, l’amour ne se résume-t-il pas à deux êtres qui s’aiment ? C’est en tout cas la question qui nous vient à l’esprit après avoir vu le film de Spike Jonze, parfait mélange entre drame, SF et romance. Pendant un peu plus de 2h, le protagoniste Theodore Twombly se lie et s’attache à la personnalité de Samantha, un programme informatique intuitif qui s’adapte à ses besoins et ses désirs. Si Her a reçu l’oscar du meilleur scénario en 2014, on retient surtout l’incroyable performance de Joaquin Phoenix dans ce rôle principal des plus complexes et des plus attachants.

Jeanne Bourdier

L’étrange Histoire de Benjamin Button, David Fincher, 2008

Dans ce drame romantique sorti en 2008, David Fincher montre une fois de plus son goût pour les scénarios complexes. Un an après Zodiac, il nous révèle cette fois le destin de Benjamin Button (Brad Pitt), né à 80 ans et vivant sa vie en rajeunissant. Entre les joies et les drames de cet homme à part, on suit également une magnifique histoire d’amour entre deux êtres qui vivent dans des sens opposés. Le tout dans un décor de 1918 à nos jours particulièrement réussi.

Jon Tyson

Jeanne Bourdier

Mon oncle d’Amérique, Alain Resnais, 1980

Que peut bien faire un neurobiologiste dans une comédie dramatique ? Que peuvent bien faire des rats de laboratoire au milieu du récit de trois vies entremêlées dans une société en plein bouleversement ?

Mon oncle d’Amérique n’est pas un film comme les autres. Derrière les histoires presque banales, la voix du chercheur Henri Laborit nous en raconte une autre, celle qui se cache derrière chacune d’entre elles : celle de notre cerveau.

Mélangeant reportage, documentaire et fiction, cette œuvre commente en filigrane le comportement de ses propres personnages, en se fondant sur la théorie dépassée du cerveau triunique. À chaque situation sa réponse, définie selon quatre circuits : la consommation, la gratification, la punition et l’inhibition. Si à l’époque, la communauté scientifique a froidement reçu ce film, Henri Laborit s’est imposé comme l’un des premiers vulgarisateurs des neurosciences. L’ensemble, associé à un montage très expérimental, parvient à captiver le spectateur, tout en l’amenant à se questionner sur ses propres représentations socioculturelles.

Et l’Amour dans tout ça ? La réponse devrait plaire à Nietzsche.

Arthur Amiel

Northenger Abbey, Jane Austen, 1817

Que serait une sélection culturelle sur l’amour sans parler de cette illustre écrivaine du XVIe siècle qu’est Jane Austen? Vous connaissez peut-être à travers ses romans Orgueil et Préjugés ou Persuasion sa façon caractéristique de dépeindre la société mondaine anglaise de son époque. Certes, beaucoup qualifieraient ces romans comme « fleur bleue » ou « cul cul », destinés à de petites midinettes prépubères en manque d’amour. Mais il ne faut pas oublier que, replacés dans le contexte historique, beaucoup des personnages féminins créés par l’autrice peuvent se révéler indépendants et « modernes ». Qui n’a pas un jour rêvé d’avoir une répartie cinglante à la Elisabeth Bennet ?

Carolyn V.

Cependant, le personnage principal du roman Northenger Abbay ne correspond absolument pas à ces critères d’émancipation, bien au contraire. Nous pourrions même, et sans exagération, présenter Catherine Morland comme un archétype de la jeune écervelée, le nez fourré dans des romans à l’eau de rose et rêvant d’une vie d’aventure et de château. À travers ce qui peut paraître une histoire d’amour un peu banale, Jane Austen nous livre en fait une très belle parodie des romans gothiques et un portrait assez acerbe de la société de son époque.

Sybille Buloup

I Origins, Mike Cahill, 2014

L’art aide à dépasser les dichotomies de la pensée. Science et spiritualité, raison et émotion, I Origins jongle avec les antonymes et nous prend par le coeur. Ian, jeune biologiste, travaille sur l’évolution de l’oeil et tente de la reproduire dans son laboratoire. Il compte ainsi valider expérimentalement la théorie de l’évolution et ruiner les discours religieux mobilisant cet organe comme preuve d’une création intelligente. La passion de Ian pour l’oeil dépasse son travail, et il accumule les photographies d’yeux de personnes qu’il rencontre. Mais un regard va bouleverser sa vie.

Après l’avoir croisé dans une fête costumée, sans savoir à quel visage il appartenait, il le retrouve sur une affiche publicitaire, et finit par remonter jusqu’à Sofi et à ses yeux hétérochromes. Une histoire passionnée, parfois violente, commence entre deux êtres que tout oppose pourtant, la jeune femme étant pétrie de croyances surnaturelles et attachant une grande importance au mystique, à la chance, au destin. Ce récit poignant et bouleversant dépeint la complexité humaine, et comment le rationalisme et la foi peuvent s’entremêler dans nos vies pour les rendre si riches. Loin d’être clivante, l’œuvre parvient à viser juste pour questionner nos philosophies personnelles, sans verser dans le relativisme.

Edwyn Guérineau

(500) days of Summer, Marc Webb, 2009

« C’est l’histoire d’un garçon qui rencontre une fille ; ce n’est pas une histoire d’amour ». Voici comment le film nous cueille dès l’introduction. L’histoire de Tom et Summer ne dure que 500 jours, pas un de plus. Malgré cela, c’est pourtant une ode à l’amour qui se déroule sous nos yeux, un amour tantôt étincelant, tantôt vache. Jour 47, jour 499, jour 2 …

Jez Timms

Les extraits de vie de ce couple défilent dans le désordre, idylle manquée entre un Tom trop romantique et une Summer désillusionnée par l’amour. Enfin, si nous vous présentons le titre en anglais, c’est qu’il y a une raison …

Mathilde Ruby 

The Danish Girl, Tom Hooper, 2015

L’amour donne des ailes, mais il peut aussi nous donner le courage d’affronter les plus grands défis. The Danish Girl s’inspire de l’histoire vraie de Lilie Elbe, une artiste danoise ayant subi en 1930 la première opération de réassignation sexuelle. Soutenue parfois dans la douleur par sa femme Gerda Wegener, elle aussi artiste, Lilie poursuit sa quête de découverte d’elle-même et de revendication de son genre. Ce film à l’histoire forte est sublimé par une photographie exceptionnelle, les personnages se mouvant dans des tableaux vivants.

 Mathilde Ruby

Saga Super Mario Bros, Nintendo

Joao Tzanno

Prendre le contrôle de Mario, sauter par-dessus tuyaux et Goombas et enfin affronter Bowser pour sauver la Princesse Peach. Si cela vous dit quelque chose, c’est qu’une console Nintendo vous est passée entre les mains durant votre enfance. Mais avez-vous remarqué les allusions de Mario, amoureux transi, à l’égard de la princesse ? Notre plombier préféré est en effet tristement éconduit à chaque opus de la saga ! Et si les créateurs japonais, à contrario des princesses Disney – endormies ! – dont le tendre baiser du prince charmant suffit à faire tomber en pâmoison, nous apprenaient que les filles ne sont pas affectueusement redevables des sauvetages de nos preux chevaliers ?

 Mathilde Ruby