De l’ecstasy pour soigner la dépression

©lisa cee (Lisa Campeau), Flickr

Depuis la nuit des temps, la découverte de nouvelles drogues est liée aux bienfaits que celles-ci peuvent nous apporter. Si leur utilisation a largement dévié depuis, plusieurs groupes de chercheurs à travers le monde tentent aujourd’hui de retourner vers un usage thérapeutique des substances addictives.

L’exemple de « drogue thérapeutique » le plus courant est l’usage du cannabis pour traiter le glaucome. Cette maladie de l’œil atteint les patients dont l’humeur aqueuse ne s’évacue pas correctement. En trop grande quantité, ce liquide va alors faire pression sur le nerf optique et l’abîmer progressivement. Les cannabinoïdes, principes actifs de notre chère marijuana, sont reconnus comme pouvant réduire cette pression oculaire. De nombreux états autorisent déjà l’utilisation réglementée du cannabis. Mais saviez-vous qu’il existait d’autres drogues utilisées dans une multitude d’autres thérapies ?

Le CBD est utilisé pour traiter l’anxiété, les nausées et bien d’autres conditions ©Julia Teichmann

Fin 2016, les autorités américaines ont approuvé des essais cliniques de MDMA pour traiter les troubles de stress post-traumatique (TSPT). La MDMA, ou methylenedioxymethamphetamine est le principe actif composant l’ecstasy. Les personnes atteintes de TSPT souffrent de dépression chronique et d’anxiété aiguë. La dépression est aujourd’hui une des pathologies les plus mortelles dans le monde, et la plupart des traitements actuels n’ont plus d’emprise sur les patients atteints de troubles sévères. C’est en Caroline du Sud et en Californie que plusieurs études ont été menées sur des groupes de patients avec une administration en petite quantité de MDMA et un suivi psychologique. Ces patients ont pu relever jusqu’à la disparition totale de tout syndrome post-traumatique !

Une fois dans le cerveau, l’ecstasy cible plusieurs neurotransmetteurs et c’est précisément ce qui la rend addictive. Elle vise principalement la dopamine, hormone qui joue sur le système de récompense du cerveau. Mais l’ecstasy touche aussi la sérotonine ou “l’hormone du bonheur”. Un taux trop faible de sérotonine dans le cerveau est souvent synonyme de mauvaise santé mentale. Avec une pilule d’ecstasy, une immense quantité de ces neurotransmetteurs est relâchée, ce qui provoque alors une explosion d’effets dits “énergisants”. Une dose limitée de MDMA n’expose pas ses utilisateurs à développer une addiction au produit.

L’ecstasy n’est qu’un exemple, mais il existe également des traitements ayant recours à d’autres molécules comme la psilocybine ou le LSD provenant toutes deux de champignons hallucinogènes, et capables de rétablir une bonne santé mentale. En 2013, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait publié son plan d’action avec comme point principal la santé mentale, « composante essentielle de la définition de la santé » selon eux. Et c’est peut-être avec l’utilisation de substances illicites que nous parviendrons à éradiquer ce fléau.

Antoine Duval