Nos dangereuses liaisons avec l'alcool et le cannabis

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Connaissez-vous réellement ce que vous laissez circuler dans votre corps ? Se désinhiber, et perdre une certaine forme le contrôle, n’est pas sans conséquence sur notre organisme. Libre à vous de tester, d’expérimenter, mais ayez toujours la conscience de vos limites. Alcool et cannabis, l’un est-il véritablement plus dangereux que l’autre ? Remettons aujourd’hui le lobby de l’alcool et le trafic de cannabis à la même échelle en terme d’impact sur notre santé.

L’alcool, cette drogue légale qui tue pourtant bien plus que l’herbe si ardemment réprimé. Cette mortalité évitable emporte environ 49 000 personnes par an, en France. D’une baisse de vigilance causant un accident de voiture à une cirrhose, l’alcool ôte la vie de bien des manières. Les toxines alcooliques sont plus longues à évacuer pour le foie. Une accumulation de ces toxines entraîne une inflammation du foie, et résulte de la mort des cellules hépatiques. Des tissus fibreux surgissent alors suite à de multiples agressions biochimiques, causées par l’alcool : la cirrhose s’installe. Cette maladie provoquée par l’alcool ronge littéralement le corps du consommateur. Une surconsommation excessive peut également mettre en danger la vie d’un être humain en une seule soirée. Le coma éthylique survient de manière différente chez chaque individu, il faut donc être vigilant à toute éventualité. Il existe trois risques majeurs lors d’un coma éthylique : l’hypothermie, les lésions musculaires et l’étouffement. Veillez donc à ce que votre camarade en détresse soit couvert et placé en PLS (Position Latérale de Sécurité). Avec ces simples gestes, vous lui éviterez probablement une tragique fin de soirée.

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Le cannabis se démocratise dans l’illégalité. Prenez garde néanmoins à son cousin – le haschich – coupé à la paraffine, au verre et parfois bien pire pour être vendu plus cher au poids. Pourtant, contrairement à l’alcool, en mourir directement ou en faire une overdose s’avère être impossible. En effet, pour que notre corps bascule suite à une dose létale de cannabis, il faudrait consommer près de 680 kg d’herbe en 15 minutes. Cependant, il est physiquement impossible d’ingérer autant de cannabis pour en mourir. Bien sûr, une surconsommation n’est pas nécessairement agréable, mais elle n’entraînera pas la mort du sujet. On dissocie le cannabis en deux grandes familles : les sativa et indica. Les espèces s’intégrant chez les sativa contiennent un plus fort taux de THC et suscitent une activité cérébrale intense, et conviennent à une ambiance plus festive. Le tétrahydrocannabinol, appelé par le commun des mortels THC est le principal psychoactif parmi plus de 80 cannabinoïdes différents contenus dans la plante. On retrouve peu de THC chez les plantes indica qui comportent plus de CBD. Le CBD signifie cannabidiol, légal en France, il a des vertus analgésiques et relaxantes. Le THC est donc responsable des effets significatifs du cannabis. Il provoque la dilatation des vaisseaux sanguins et cause donc l’accélération du rythme cardiaque. Cette dilatation des vaisseaux se constate notamment au niveau des yeux, et entraîne cette rougeur caractéristique. Les effets néfastes sur le long terme concernant la consommation du cannabis ne sont pas les mêmes que pour l’alcool. Cette consommation peut causer une vulnérabilité neurologique, notamment durant l’adolescence. Le cannabis agit sur le précuneus, région impliquée dans la conscience de soi et la vigilance, ainsi que sur l’hippocampe, concentré sur l’apprentissage et la mémorisation. Cette ortie psychotrope peut devenir l’élément déclencheur d’une pathologie psychiatrique telle que la schizophrénie.

Ces deux drogues si communes résultent hélas bien souvent d’une addiction si l’on abuse de sa consommation. L’addiction n’est pas l’unique répercussion, comme on a pu le constater. En bref, profitez de tout mais n’abusez de rien, et veillez sur vos camarades.

Claire Peyrot