Le joueur d’échecs qui n’est pas brillant est mat

1. Cf3 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 Fg7… Non, il ne s’agit pas d’une impossible équation mathématique. C’est en réalité la « simple » annotation des six premiers coups de la légendaire partie d’échecs ayant opposé Bobby Fischer à Donald Byrne en 1956.

La guerre, l’une des activités les plus anciennes de l’humanité. Logique donc que cela soit le principe même de l’un des tous premiers jeux de plateau : les échecs. Différentes pièces s’affrontent sur un échiquier de 64 cases, où stratégie pure et instinct sont vos meilleurs alliés. Alors finalement, de quoi dépend la réussite aux échecs ?

Un échec scientifiquement appuyé

Beaucoup rapprochent les échecs des mathématiques. Mais ce jeu de logique fait autant appel aux mathématiques qu’à tout autre raisonnement scientifique, dont la démarche expérimentale fait écho aux stratégies mis en place par les joueurs.

Les échecs s’inscrivent dans la Théorie des Jeux, un domaine mathématique applicable à de nombreuses disciplines. Il s’agit en fait d’un jeu de stratégie combinatoire abstrait. Un terme quelque peu barbare pour désigner ce passe-temps.

Cela désigne un jeu à information complète, c’est-à-dire où tous les paramètres sont connus, et qui ne laisse aucune place au hasard, contrairement à la plupart des jeux de plateau. Pas de dés à lancer, pas de tirage aléatoire de cartes, seules élaboration, visualisation et anticipation entrent en jeu. En somme, une ode à la logique et la démarche scientifique.

Les échecs face à l’intelligence artificielle

En 1997 se déroule le match mythique opposant le champion d’échecs Kasparov au superordinateur Deep Blue, capable de calculer 200 millions de positions secondes. Deep Blue en sort vainqueur, après une erreur de Kasparov. L’erreur est humaine… mais les échecs le sont tout autant.

« si une machine peut jouer aux échecs, alors on pourrait se diriger vers une machine au raisonnement humain » disait Alan Turing, au sujet de l’intelligence artificielle. Il n’en reste pas moins que l’instinct des joueurs est une composante essentielle aux échecs, qui leur fait rarement défaut.

Déborah Bourgeau