Oh oui !

L’orgasme fascine autant que l’on cherche à l’atteindre. Ce graal coïtal est aujourd’hui le but de chaque rapport sexuel. Pourtant, un homme n’aurait besoin que de cinq ou six éjaculations pour assurer sa descendance. Sans parler de l’orgasme féminin, inutile à la fécondation.

Alors que pour le commun des mortels, jouir s’apparente à une explosion de sensations entremêlées et obscures, selon Masters et Johnson, pionniers de la sexologie et protagonistes de la série « Masters of sex » inspirée de leurs vies, la réponse sexuelle menant jusqu’à l’orgasme comporterait quatre phases.

La première phase, l’excitation, est déclenchée par le désir. Cependant, l’acte sexuel ne s’improvise pas chez tout le monde : il faut que certaines conditions soient réunies. Tout débute avec l’imagination d’un « projet » de relation sexuelle, puis advient un échange de signes sensoriels en mesure de provoquer des réactions physiologiques chez les acteurs de cette valse érotique : érection chez l’homme, lubrification de la muqueuse vaginale chez la femme et début de la sécrétion d’ocytocine (« l’hormone de l’amour »).

À cette étape, le toucher n’est pas le seul à rentrer dans la danse. Vision, odorat et goût sont également impliqués, mais la domination d’un sens dépend de chaque individu (sensibilité, vécu personnel). C’est pourtant bien le contact physique qui mènera à la seconde phase : caresses, déshabillage, stimulation directe des organes génitaux.

Vient ensuite la phase de plateau. Il s’agit du maintien de l’excitation obtenue grâce à la première phase. Elle diffère entre l’homme et la femme : ce palier, chez l’amante, peut être long, voire même se maintenir au-delà de l’orgasme (d’où la possibilité d’orgasmes multiples), alors que chez l’amant, il correspond à l’érection, permettant la pénétration.

Le phénomène clé de cette phase est la sécrétion d’ocytocine. Grâce à cette hormone, l’individu aura ses sens décuplés, grâce à une augmentation locale des perceptions. Elle permet de se sentir détendu, en confiance, et de se concentrer sur le sensoriel : les caresses seront plus intenses, en particulier au niveau des organes érectiles (pénis, clitoris).

La conscience va se réduire, et se focaliser petit à petit sur le tactile, de façon très localisée. Les autres organes sensoriels se mettront au repos. La personne fermera plus souvent les yeux, se confinera dans son plaisir. Mais, étant difficilement récepteur et émetteur en même temps, elle embrassera également moins son partenaire, le caressera moins. Un amour égoïste ?
L’augmentation de la sécrétion d’ocytocine et des sensations s’amplifient, des contractions génitales apparaissent, élément annonçant l’entrée dans la phase orgasmique à proprement parlé. Et la sécrétion d’adrénaline commence.

Puis vient la phase tant attendue : l’orgasme. L’adrénaline, une hormone antagoniste de l’ocytocine, va neutraliser son effet sur les organes érectiles : le plaisir ne sera plus focalisé seulement au niveau génital, mais sera accessible à tous les niveaux sensoriels actifs.
Les rythmes cardiaque et respiratoire s’accélèrent, la tension artérielle s’élève, une sensation de plaisir intense, d’extase et de volupté surgit, l’homme éjacule, la femme jouit.

Finalement, arrive délicatement la phase de résolution. Les organes génitaux se mettent doucement au repos, et les partenaires reprennent conscience de leurs corps dans son intégralité. L’intensité ressentie durant l’orgasme fait place à de la plénitude et à de la satisfaction.

La vie quotidienne reprendra ensuite son cours, jusqu’au prochain rapport sexuel, jusqu’au prochain orgasme.

Quelques chiffres lubriques

  • La lubrification du vagin commence dans les 10 à 30 secondes après le début de l’excitation.
  • Une femme de 20 ans a besoin de 15 secondes pour lubrifier complètement son vagin, ménopausée, il lui faudra 3 à 4 minutes.
  • En moyenne, une éjaculation contient entre 3 et 5 millilitres de sperme.
  • Le nombre normal de spermatozoïdes est d’environ 100 à 120 millions par millilitre d’éjaculat.
  • 78% des femmes françaises n’auraient jamais eu d’orgasme lors d’un rapport sexuel (!)

Léna Pedon