La dyschromatopsie, ou lorsque l’œil n’arrive pas à percevoir les couleurs

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La perception des couleurs est un fait que nous tenons pour acquis. Cependant, certaines pathologies de l’œil peuvent modifier cette perception.

Qu’est-ce que la couleur ?

Lorsqu’on éclaire un prisme avec une lumière blanche, ou lorsqu’avec une fine pluie apparaissent des rayons de soleil, un arc-en-ciel peut se dessiner (fig. 1a).

Considérons la lumière blanche comme une somme d’ondes. Un prisme de verre, ou une gouttelette d’eau de pluie, va séparer les ondes lumineuses en fonction de leur longueur d’onde, de la plus petite visible (le bleu, à 400 nm) à la plus grande visible (le rouge, à 650 nm environ). Cette décomposition est la base du spectre du visible : à chaque couleur correspond une gamme de longueur d’onde.

Le fonctionnement d’un œil sain

Pour percevoir une image, la lumière pénètre l’œil et tape la rétine, où se situent des photorécepteurs. Il en existe deux sortes : les bâtonnets, sensibles à l’intensité lumineuse, et les cônes, qui eux réagissent aux longueurs d’ondes, donc détectent les couleurs. Ils sont spécifiques à trois couleurs : le rouge, le vert, et le bleu (fig. 2), et sont présents en proportions égales. Si l’un des types de cônes est moins présent ou ne fonctionne pas, le cerveau n’aura pas d’information concernant cette couleur.

Le daltonisme, késako ?


Le daltonisme, ou dyschromatopsie, est une anomalie de perception des couleurs due à un défaut de fonctionnement des cônes, touchant 8 % d’hommes contre 0,5 % de femmes.

Cette pathologie est principalement héréditaire, et ne présente dans ce cas aucune altération de la vision ni de dégradation ou d’amélioration au cours du temps. Mais elle peut également être un effet de neuropathies, du diabète, ou de dégénérescences telles que la cataracte. Ces dyschromatopsies ont un risque d’aggravation avec l’évolution de la maladie.

Alors que les personnes ayant une perception correcte des couleurs sont des trichromates normales, les daltoniens sont dichromates – ils ne possèdent que deux types de cônes –, monochromates – un type de cônes est fonctionnel – ou achromates – les trois types de cônes sont défaillants.

À ce jour, il n’existe aucun traitement pour le daltonisme héréditaire, mais des lunettes ou lentilles spéciales permettent d’améliorer la perception des couleurs.

S. Malaquin