Attention les secousses !

Connaissez-vous le point commun entre un séisme et un coup de soleil ? À la plage, en plein zénith, tous les vacanciers ne réagissent pas au soleil de la même façon : certains vont bronzer, d’autres brûler, et d’autres se protéger à l’aide de crème solaire. Alors que l’énergie du soleil est la même pour tous, les réactions peuvent être très différentes. De la même façon, un séisme libère une quantité d’énergie donnée. Partout sur Terre, les appareils mesurent la même énergie. Elle est exprimée en magnitude sur l’échelle de Richter. Cette dernière a la particularité d’être logarithmique : la magnitude et l’énergie ne sont pas proportionnelles. Un séisme de magnitude 2 libérera une quantité d’énergie équivalente à 1 tonne de TNT, alors qu’une magnitude 8 correspondra à un milliard de tonnes.

Une échelle crescendo

L’intensité, quant à elle, nous informe sur les conséquences du tremblement de terre. Par conséquent, de nombreux facteurs entrent en jeu : profondeur du séisme, distance à l’épicentre (point situé pile au-dessus du foyer), qualité des constructions para-sismiques, densité de population… Bref, l’intensité nous renseigne sur le ressenti et les dégâts du séisme. L’échelle Mercalli se compose de douze niveaux. Les vibrations au niveau I ne sont ressenties que par les appareils les plus sensibles alors qu’au niveau XII, les villes sont rasées. Un séisme de faible magnitude peut détruire une ville qui n’a pas de construction para-sismique (intensité forte) et un autre séisme de forte magnitude ne causera pas de dégât dans une ville préparée pour ce genre de catastrophe (intensité faible). Ainsi, il faut toujours être critique sur les mesures données, les mettre en perspective pour bien les comprendre.

Exemples de séismes de magnitude 6,0 à 10 km de profondeur et des intensités engendrées en 2018 :
Dorsale ouest-indienne : intensité I (24 mars)
Large de l’Île de Pâques : intensité III (2 mai)
Large des Fidji : intensité IV (1 février)
Papouasie-Nouvelle-Guinée : intensité VII, 11 morts (4 mars)
Kermanshah : intensité VII, 3 morts et 200 blessés (25 août)

LÉGENDE CARTE :

Le 12 janvier 2010, Haïti subissait un des séismes les plus destructeurs de son Histoire. Le séisme de magnitude 7, situé à 10 km de profondeur s’est produit non loin de Port-au-Prince, la capitale. La population n’était pas préparée à un événement d’une telle ampleur, ce qui explique les importants dégâts et les nombreuses victimes (plus de 50 000). L’intensité la plus forte se trouve près de l’épicentre (voir étoile) et décroît en s’éloignant. Crédit : Antonin Cabioc’h

Antonin Cabioc’h