Années 20, années folles

Josephine Baker dansant le Charleston ©Walery, domaine public

Au sortir des privations de la Première Guerre mondiale, la France se reconstruit dans les années 1920 et retrouve sa liberté et sa joie de vivre. Entre les soirées à la Gatsby et les prestations de Joséphine Baker, tout un peuple euphorique reprend peu à peu goût à la culture : art déco, jazz ou encore charleston participent à l’effervescence de cette époque. C’est le pays entier qui semble être piqué par cette insouciance contagieuse. Neuf ans de bouillonnement culturel et intellectuel, stoppé dans son élan par le krach boursier de 1929.

Ce n’est pas l’individuel qui est fou, mais le collectif qui plonge tout entier dans une névrose générale.

Cent ans plus tard, cette décennie stimulante s’est vue transformée en une décennie affligeante. À l’heure où les milliardaires accumulent des fonds pour restaurer des cathédrales sans se préoccuper de la fonte des glaces, le pays semble en effet en proie à une démence universelle. Ce n’est pas l’individuel qui est fou, mais le collectif qui plonge tout entier dans une névrose générale. Le monde est conscient que les années 2020 seront décisives, mais chacun – pensant qu’il est déjà trop tard ou qu’il n’a pas assez de poids à lui seul – se laisse sombrer dans un défaitisme inexorable.

La folie d’insouciance a progressivement glissé vers une folie d’inconscience.

Des années 1920 à 2020, la folie d’insouciance a donc progressivement glissé vers une folie d’inconscience. Autrefois bénéfique et propice à l’ouverture sur le monde, celle-ci est aujourd’hui source d’individualisme et ronge l’humanité de l’intérieur. À nous de réapprendre à utiliser cette déraison à bon escient pour y retrouver une alliée.

Jeanne Bourdier